Piriac - Maison du Patrimoine : Contez-nous Piriac, messieurs les artistes
La Maison du patrimoine de Piriac présente une exposition sur les traces qu'ont laissé de nombreux artistes et écrivains de leur passage.À partir du XVIIIe siècle, un grand nombre d'historiens, de géographes, d'économistes ou d'écrivains ont entrepris le trajet jusqu'à Piriac.
Pour accompagner cette exposition, la Maison du patrimoine a édité un livre, Contez-nous Piriac Messieurs les Écrivains, qui reprend les nombreuses citations de ces personnalités relatant leur séjour dans la cité. La visite guidée permet justement de faire ressortir le réseau qui existait entre certains de ces artistes.
Les écrivains Daudet, Zola, Flaubert, Alphonse et Robert de Chateaubriand entre autres, le musicien Pablo Casal, le sculpteur Paul Belmondeau, les peintres dont Constant Lebreton, tous ont été marqués par leur séjour à Piriac.
Maison du patrimoine dePiriac, 3, place Henri-Vignoboul, 02 40 15 59 71. Ouvert tous les jours de 15 h à 19 h.
Ouverture d'avril à Juin et septembre : les samedis, dimanches et jours fériés de 15h à 18h.
En juillet et août : tous les jours de 15h à 19h, les jeudis et vendredis matins de 10h à 12h et nocturnes les jeudis de 21h à 23h.
Article paru in Ouest-France, janvier 2011 : Piriac, station touristique prisée des écrivains
De l'époque des bains de mer à la station touristique, Piriac-sur-Mer a séduit de nombreux auteurs. Cette station du bout du monde a encore beaucoup d'histoires à raconter.
"On ne peut vraiment rien trouver de plus délicieux, de plus retiré, que ce petit village perdu au milieu des rochers, intéressant par son double côté marin et pastoral". C'est ainsi qu'Alphonse Daudet décrivait Piriac, qu'il découvrit lors de ses séjours en 1874 et 1875, où il logeait à l'Hôtel des Bains, aujourd'hui La Vigie.
On peut se demander ce qui a attiré ici autant d'écrivains et d'artistes célèbres : Honoré de Balzac, Gustave Flaubert, Émile Zola, Alphonse de Châteaubriant, Julien Gracq, Bernard Buffet, Paul Belmondo, Pablo Casals. La réponse tient dans les écrits qu'ils ont laissés. Gustave Flaubert et Maxime Ducamp visitaient en 1847 "une petite bourgade, couchée au bord de la mer", reliée depuis peu à Guérande par une route carrossable, et desservie par "les pataches et les coucous". La fameuse patache (petit navire) du Père Legall.
Sur les conseils de Daudet, Émile Zola vint à Piriac et, plutôt gourmand, il ne se priva pas de faire une cure de coquillages tout en rédigeant une nouvelle, Les Coquillages de M. Chabre, une idylle se passant dans la grotte à Madame. Il séjournait au Castel Marie et écrivait à Paul Alexis : "C'est une fête, une belle vie qu'il faudrait mener quatre mois pour bien se porter". Depuis ses fenêtres, il pouvait contempler l'église sur le port, entouré de murs bas,"le cutoir" où les gens venaient s'asseoir pour contempler l'animation du port.
Quand Piriac devint Kergrit
Plus récemment Julien Gracq, dans un récit mêlant fiction et autobiographie, fait une description du bourg étonnante de précision. Piriac y est nommé Kergrit. Il commente avec malice les signes de l'occupation estivale : "On passe le long de courettes minuscules où pend encore à sécher tout l'attirail des baigneuses galantes célébrées par les cartes postales de l'époque des bains de mer : épuisettes, haveneaux. Car le baigneur de Kergrit de père en fils sarcle d'année en année son rocher fidèlement... ".
Même si Piriac est passée en un siècle et demi du statut de village du bout du monde à celui d'une cité balnéaire qui attire chaque année de plus en plus de touristes, il n'en demeure pas moins que les vieilles pierres du bourg ont encore des histoires à raconter.
C'est ce à quoi s'emploient deux associations piriacaises. Pen Kiriak publie dans sa revue trimestrielle des articles très documentés sur l'histoire des lieux et la Maison du patrimoine recueille et expose les objets, documents et photos du passé.